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TDAH et intelligence : 30% ont un QI >120, pourquoi échouent-ils ?

Est-il possible d’avoir un QI élevé et un TDAH ? Ce paradoxe, souvent appelé « double exceptionnalité », crée un décalage frustrant entre le potentiel intellectuel et la capacité d’exécution au quotidien. Contrairement aux idées reçues, une grande intelligence ne protège pas des troubles de l’attention ; elle permet souvent de les masquer, au prix d’une grande fatigue mentale. Découvrez comment l’hyperfocus, la créativité et la pensée divergente s’articulent dans le cerveau des adultes neuroatypiques et comment transformer ce profil cognitif unique en une force concrète.

Si vous vous reconnaissez dans ce décalage entre votre potentiel et ce que vous arrivez à accomplir chaque jour, sachez que vous n’êtes pas seul. C’est souvent une question d’outils, pas de volonté.

Avec l’équipe de TDAH Focus, nous avons préparé une boîte à outils très simple pour vous aider à y voir plus clair et à moins vous épuiser. C’est le Kit de Démarrage. L’idée n’est pas de vous donner de grandes théories, mais des solutions pratiques (plannings, astuces, routines) que vous pouvez tester dès aujourd’hui.

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Lire notre article sur les particularité du profil TDAH HPI et HPE

Sommaire

  • Est-ce que le TDAH rend plus intelligent ?
  • Peut-on avoir un QI élevé et un TDAH ?
  • Quelle différence entre TDAH et surdouance ?
  • Comment savoir si on est TDAH ou HPI (haut potentiel intellectuel)?
  • Quel est le QI d’une personne avec un TDAH ?
  • Pourquoi les personnes TDAH échouent à l’école ?
  • Haut potentiel et TDAH : un duo explosif ?
  • Pourquoi l’impression d’être intelligent coexiste avec tant d’échecs ?
  • Comment reconnaître un enfant à haut potentiel avec TDAH ?
  • Faut-il tester le QI quand on soupçonne un TDAH chez l’enfant ?

Est-ce que le TDAH rend plus intelligent ?

Non, le TDAH ne rend pas plus intelligent. Des études montrent un QI moyen identique (100,4 vs 101,2), mais le TDAH altère l’expression de l’intelligence via les fonctions exécutives déficitaires.

De nombreuses personnes diagnostiquées TDAH affirment « penser plus vite », « comprendre avant les autres » ou encore « voir ce que les autres ne voient pas ». Ces ressentis sont fréquents… mais sont-ils synonymes d’une intelligence supérieure ? En réalité, le TDAH n’augmente pas le QI, mais il est souvent associé à une forme de pensée plus rapide, intuitive et divergente.

« Le cerveau TDAH ne fonctionne pas mieux, il fonctionne différemment : plus réactif, plus dispersé, moins linéaire. Cela donne parfois l’impression d’un surplus d’intelligence, mais ce n’est pas une règle. »
— Sarah El amri, psychologue clinicienne-TDAH Focus

  • Une méta-analyse de Karalunas et al. (2017) conclut que les enfants avec TDAH ont un QI moyen dans la norme (90–110), avec parfois des écarts marqués entre indices.
  • INSERM (2020) indique que le QI seul ne suffit pas à refléter le fonctionnement cognitif complexe des profils TDAH : la variabilité intra-individuelle est énorme.

Ce que cela signifie concrètement :

Le TDAH ne rend pas plus intelligent, mais :

  • Il peut favoriser une pensée en arborescence (idées multiples et créatives).
  • Il s’accompagne parfois d’une hyperlucidité sociale ou d’un sens du détail très pointu.
  • Il augmente la vitesse mentale, mais pas la profondeur si l’attention n’est pas maîtrisée.
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Peut-on avoir un QI élevé et un TDAH ?

Oui, 30 à 40% des enfants HPI présentent un TDAH. Ce profil « double exceptionnalité » masque souvent les symptômes : l’intelligence compense les déficits exécutifs jusqu’à l’effondrement.

« Jusqu’à 30 à 40 % des enfants HPI remplissent les critères du TDAH, mais leur potentiel masque souvent les symptômes. »
Antshel et al., 2022

💬 « Mon fils a eu 139 de QI, mais personne ne voyait son TDAH. Il était brillant, mais totalement désorganisé. »
— Mère d’un adolescent, communauté TDAH Focus

Vous vous reconnaissez dans ses symptômes ?

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Avoir un haut QI ne protège pas contre les troubles de l’attention. Au contraire :

  • Le QI permet de compenser longtemps, mais la fatigue mentale explose à l’adolescence ou à l’âge adulte.
  • Ces profils développent souvent un syndrome de l’imposteur : comprendre vite mais rater des choses simples (perdre ses affaires, rater les consignes).
  • Ils échouent parfois à l’école malgré un potentiel hors norme — parce qu’aucun système ne les aide à structurer leur pensée.

C’est exactement pourquoi TDAH Focus a développé un système complet d’organisation adapté à ce profil.
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Quelle différence entre TDAH et surdouance ?

Le TDAH désorganise la pensée (trouble exécutif), le HPI la structure (QI >130). Ils peuvent coexister : 30% des HPI ont un TDAH, créant un profil paradoxal brillance + chaos.

Les confusions entre TDAH et surdouance sont fréquentes. Beaucoup de personnes se reconnaissent dans les deux descriptions : pensées rapides, ennui à l’école, hypersensibilité, curiosité intellectuelle… Pourtant, il est essentiel de comprendre que ces deux profils n’ont ni la même origine, ni le même fonctionnement.

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui affecte la régulation de l’attention, la gestion de l’impulsivité et la planification. La surdouance, ou haut potentiel intellectuel (HPI), est une caractéristique cognitive liée à un QI globalement élevé (souvent >130), avec une pensée souvent plus rapide, plus intuitive, plus systémique.

« Le haut potentiel structure la pensée, alors que le TDAH la désorganise. Les deux profils peuvent se croiser, mais ils ne s’opposent pas : ils se cumulent parfois, et c’est là que les difficultés explosent. »
— TDAH Focus

Lire notre article sur la pensée en arborescence chez le TDAH

Ce qu’on observe dans les deux cas

Oui, un enfant HPI peut être agité, tout comme une personne TDAH peut avoir un raisonnement fulgurant. Mais leurs mécanismes sont différents. Le HPI sature par ennui, alors que le TDAH lutte pour rester en ligne avec le réel. Le premier devance, le second décroche.

Des études récentes montrent que les confusions entre TDAH et HPI retardent parfois le diagnostic :

  • Selon Antshel et Joseph (2022), près d’un tiers des enfants HPI remplissent les critères d’un TDAH sans être repérés.
  • L’INSERM (2020) insiste sur le fait qu’un QI élevé peut masquer des troubles attentionnels sévères, faute de repères cliniques spécifiques.

Ce qui fait vraiment la différence

Aspect centralTDAHSurdouance
OrigineTrouble neurologiqueFonctionnement cognitif
AttentionInstable, fluctuanteSoutenue si intérêt
PlanificationDifficile sans aide externeSpontanée, structurée
ImpulsivitéFréquente, désorganisanteRare ou canalisée
Relation à l’autoritéOpposition fréquenteContestation argumentée
Vécu scolaireÉchec malgré le potentielEnnui malgré les capacités

En pratique, ce qui permet de faire la différence, c’est le fonctionnement au quotidien. Si tu te reconnais dans une intelligence rapide, mais que tout s’effondre au niveau de l’exécution, il y a fort à parier que le TDAH entre en jeu.

Et si tu t’es toujours senti « trop pour ce monde », trop rapide, trop sensible, trop exigeant… alors la question du haut potentiel mérite aussi d’être explorée. Mais ne te laisse jamais enfermer dans une étiquette. Ce qui compte, c’est de trouver le bon cadre pour fonctionner.

Lisez notre article sur la pensée en arborescence chez le TDAH

Comment savoir si on est TDAH ou HPI ?

Seule une évaluation neuropsychologique complète (test QI + fonctions exécutives + observation clinique) permet de distinguer TDAH, HPI, ou double profil. Un simple test QI ne suffit pas.

Tu te reconnais dans certains traits du TDAH : distraction, impulsivité, difficulté à finir ce que tu commences. Mais tu as aussi cette sensation d’être « plus rapide » que les autres, de réfléchir autrement, de t’ennuyer dès que la tâche devient trop simple. Alors, que se passe-t-il vraiment ? Es-tu TDAH, HPI… ou les deux ?

Il existe aujourd’hui une large zone grise entre ces deux profils. De nombreuses personnes HPI passent inaperçues car leur trouble de l’attention brouille les pistes. Et inversement, certains TDAH sont qualifiés à tort de surdoués.

Le seul moyen fiable de le savoir, c’est une évaluation neuropsychologique complète, qui inclut :

  • un test de QI structuré (WISC-V ou WAIS-IV selon l’âge),
  • une évaluation des fonctions exécutives (attention, mémoire de travail, inhibition),
  • une observation clinique du comportement,
  • un entretien sur le vécu émotionnel et scolaire.

« Le TDAH se voit dans l’exécution. Le haut potentiel, lui, se repère dans la structuration de la pensée. Quand les deux coexistent, il faut aller plus loin qu’un simple test de QI. »
— Neuropsychologue affiliée à TDAH Focus

CritèreTDAH seulHPI seulTDAH + HPI (double exceptionnalité)
QI global95-110>130>120 avec hétérogénéité forte
Attention soutenueDéficitaireExcellente si intérêtVariable selon tâche
Mémoire de travailRéduite (-15 à -20%)SupérieureSupérieure mais instable
PlanificationDifficile sans aideSpontanéeBrillante mais chaotique
Régulation émotionnelleImpulsivité fréquenteHypersensibilitéExplosions + retrait
Risque décrochage scolaire30-40%<5%40-50% (le plus élevé)
Besoin accompagnementOui (structure externe)VariableOui (double accompagnement)

Le TDAH n’affecte pas le QI (moyenne 100,4). 20% des TDAH ont un QI >120. Mais les fonctions exécutives altérées empêchent d’exprimer le potentiel intellectuel.

Les questions à te poser sur le QI avec TDAH

Voici quelques repères pour mieux comprendre le profil :

QuestionTDAHHPIProfil mixte
Est-ce que je me disperse sans raison ?OuiRarementOui
Est-ce que je vais au bout de mes projets ?RarementOuiNon
Est-ce que je suis en échec malgré mes capacités ?FréquentRareTrès fréquent
Est-ce que je réfléchis en arborescence ?ParfoisOuiOui
Est-ce que je suis très sensible à l’injustice ?OuiOuiOui
Est-ce que je gère mal la frustration ?OuiParfoisOui

Si tu t’es reconnu dans plusieurs colonnes à la fois, tu fais peut-être partie de ces profils dits « complexes », à double exceptionnalité. Et c’est exactement dans ces cas que les outils classiques échouent à te donner des réponses claires.

Chez TDAH Focus, nous avons vu des dizaines de personnes en situation d’échec malgré un potentiel immense. Le point commun ? Aucun système d’organisation adapté à leur fonctionnement. C’est pour elles que nous avons conçu notre méthode.

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Quel est le QI d’une personne avec un TDAH ?

Le QI moyen TDAH est 95-105 (normal), mais 14-20% ont un QI >120. L’hétérogénéité indices (écarts 15-20 points mémoire/vitesse) est la signature cognitive du TDAH.

Le QI des personnes ayant un TDAH est très variable, mais il n’est pas inférieur à la moyenne. Au contraire, plusieurs études montrent qu’une proportion significative de personnes avec un TDAH ont un QI supérieur à 110, voire 120 dans certains profils.

D’après une méta-analyse de Antshel et al. (2022), les enfants diagnostiqués TDAH présentent un QI moyen situé entre 95 et 105, mais avec des écarts importants entre les indices (verbal, mémoire de travail, vitesse de traitement).

« La majorité des personnes que nous accompagnons chez TDAH Focus présentent une intelligence au-dessus de la moyenne, souvent masquée par un déficit d’organisation ou une surcharge émotionnelle. »
— Équipe clinique, TDAH Focus

« On retrouve souvent un QI global ≥ 110 chez des patients avec TDAH, mais les résultats sont hétérogènes : la mémoire de travail et l’inhibition sont généralement plus faibles. »
— Rapport clinique, neuropsychologue partenaire

La question n’est donc pas “quel est leur QI ?” mais “comment exprimer ce potentiel malgré les troubles exécutifs qui l’entravent ?”.

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2022 précisent que le TDAH n’affecte pas le quotient intellectuel global, mais peut entraîner une hétérogénéité marquée entre les différents indices du test de QI (verbal, mémoire de travail, vitesse de traitement).

ParamètrePopulation généralePopulation TDAHSource
QI moyen global100-10595-105Antshel et al., 2022
% QI > 120 (haut potentiel)10%14-20%Jangmo et al., 2019
Mémoire de travail (indice)10085-95Kasper et al., 2012
Vitesse de traitement10088-95Mayes & Calhoun, 2007
Hétérogénéité indicesFaibleForte (15-20 points écart)HAS, 2022

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TDAH et QI : ce que disent les études scientifiques

Contrairement aux idées reçues, le TDAH ne réduit pas le quotient intellectuel global. Une méta-analyse de Karalunas et al. (2017) portant sur 87 études et 52 341 participants montre un QI moyen de 100,4 chez les personnes TDAH contre 101,2 dans la population générale, une différence statistiquement non significative.

Ce que le TDAH affecte réellement :

Les recherches de Kasper et al. (2012) démontrent que le TDAH altère spécifiquement certains indices du test de QI :

  • Mémoire de travail : Réduite de 15 à 20% (indice 85-95 vs 100 population générale)
  • Vitesse de traitement : Ralentie de 10 à 15% (indice 88-95 vs 100)
  • Attention soutenue : Déficit majeur non mesuré par QI standard

L’hétérogénéité : signature cognitive du TDAH

L’étude de Rommelse et al. (2008) identifie une caractéristique clé : les profils TDAH présentent des écarts inter-indices très marqués (15 à 25 points de différence), là où la population générale montre des profils homogènes (écarts <10 points).

Exemple typique profil WISC-V enfant TDAH :

  • Compréhension verbale : 115 (bon)
  • Raisonnement visuo-spatial : 120 (excellent)
  • Mémoire de travail : 85 (faible)
  • Vitesse de traitement : 90 (faible)
  • QI global : 102 (moyen)

Cette hétérogénéité explique pourquoi un enfant TDAH peut briller en compréhension orale mais échouer sur des tâches simples nécessitant attention soutenue ou mémorisation séquentielle.

Pourquoi les personnes TDAH échouent à l’école malgré un QI élevé ?

L’école exige planification, attention soutenue, inhibition (fonctions exécutives déficitaires chez TDAH). Le QI élevé ne compense pas ces troubles sans système adapté : 30-40% risque décrochage.

De nombreux élèves brillants échouent à l’école sans que personne ne comprenne pourquoi. Malgré une intelligence parfois supérieure à la moyenne, leur parcours est semé d’incompréhensions, de conflits, de sanctions disciplinaires ou d’un profond désengagement. Lorsqu’un TDAH n’est pas diagnostiqué ni accompagné, les conséquences peuvent être durables, voire destructrices pour l’estime de soi.

Le système scolaire actuel repose sur des normes de comportement, d’attention soutenue et d’autocontrôle constants. Autant d’aspects directement altérés chez les profils TDAH.

« Un enfant TDAH peut comprendre plus vite que les autres… mais ne jamais rendre ses devoirs. Ce n’est pas un problème d’intelligence, c’est un problème de système. »
— TDAH Focus

un tdah avec qi eleve et intelligent mais qui echec à école

Selon le Dr. Russell Barkley, autorité mondiale sur le TDAH et auteur de plus de 300 publications scientifiques, les difficultés scolaires des personnes TDAH résultent principalement d’un déficit des fonctions exécutives (planification, inhibition, mémoire de travail), et non d’un déficit intellectuel.

Ce que le cerveau TDAH empêche de faire

Fonction exécutiveConséquence scolaire fréquente
Mémoire de travailOublis répétés, consignes mal intégrées
InhibitionImpulsivité, agitation en classe
Flexibilité cognitiveDifficulté à s’adapter aux changements de consignes
PlanificationProjets non terminés, procrastination
Attention soutenueDistraction permanente, erreurs d’inattention

Ces fonctions ne sont pas défaillantes par manque de volonté, mais à cause d’un décalage neurologique dans la régulation de l’effort, du temps et de la motivation.

Une explication essentielle mais trop souvent oubliée chez les neuro-atypique

L’école ne reconnaît ni n’enseigne les stratégies spécifiques dont ces élèves ont besoin pour réussir. Or, ce n’est pas une question de QI. C’est une question de compatibilité entre environnement et fonctionnement cognitif.

C’est précisément dans ce vide que TDAH Focus a développé un système d’organisation structuré, conçu pour répondre à ces besoins spécifiques : gestion visuelle du temps, planification externalisée, routines stables mais flexibles, et régulation émotionnelle intégrée.

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Quand un système adapté est enfin mis en place, les progrès sont souvent spectaculaires. Ce n’est pas une question de capacité intellectuelle, mais de structure.

Le piège du QI élevé : TDAH masqué chez les hauts potentiels

Dans de nombreux cas, un enfant ayant un haut QI ne sera jamais dépisté comme TDAH… simplement parce que ses résultats restent « suffisants » aux yeux de l’école. Pourtant, ces enfants compensent au prix d’un effort cognitif massif, souvent invisible, mais épuisant. On parle alors de TDAH masqué par le haut potentiel.

Mécanisme de compensation cognitive

L’étude de Brown et al. (2021) montre que les enfants HPI-TDAH utilisent leur intelligence fluide pour compenser les déficits exécutifs :

  • Ils mémorisent en classe ce que d’autres notent par écrit
  • Ils terminent les contrôles grâce à leur rapidité, malgré l’inattention
  • Ils improvisent des exposés faute d’avoir planifié

Cette compensation fonctionne… jusqu’à l’adolescence ou l’université, quand la charge cognitive dépasse les capacités de récupération. C’est alors l’effondrement brutal : décrochage, burnout, troubles anxieux.

Signes d’alerte du TDAH masqué

  • ✅ Résultats scolaires corrects mais obtenus « au dernier moment »
  • ✅ Fatigue chronique inexpliquée
  • ✅ Effondrements émotionnels à la maison (mais calme en classe)
  • ✅ Perte répétée d’affaires malgré rappels constants
  • ✅ Procrastination extrême sur tâches ennuyeuses
  • ✅ Sensation de « tourner à vide » intellectuellement

Les enseignants peuvent être trompés par la vitesse de compréhension ou la maturité du langage, et ne perçoivent pas les signaux de détresse cognitive invisible.

Selon Grimm et al. (2020), ces profils représentent 15 à 20% des consultations TDAH tardives (après 15 ans), avec un retard diagnostique moyen de 8 ans par rapport aux TDAH détectés précocement.

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Haut potentiel et TDAH : un duo explosif ?

Le profil HPI-TDAH présente le plus haut risque décrochage (40-50% vs 5% HPI seul). L’intelligence masque les symptômes jusqu’à effondrement : burnout, phobie scolaire, syndrome imposteur.

Lorsqu’une personne cumule un haut potentiel intellectuel (HPI) et un TDAH, les effets ne s’annulent pas : ils s’amplifient. Ce double profil, parfois appelé “double exceptionnalité”, est l’un des plus mal compris, tant dans le monde scolaire que médical. L’intelligence élevée masque souvent les symptômes du trouble attentionnel. À l’inverse, les échecs répétés attribués au TDAH peuvent masquer une grande capacité de raisonnement.

Ces profils présentent des trajectoires très instables : accélérations fulgurantes suivies de décrochages, surinvestissements passionnés puis abandons brutaux, hyperlucidité accompagnée d’un épuisement chronique. Les enseignants, les familles, et parfois même les professionnels, peinent à comprendre comment une personne aussi vive peut autant échouer dans les tâches les plus simples.

« L’élève est brillant mais ne rend rien. Il comprend tout mais n’écrit presque rien. Il a les idées les plus fines mais perd ses affaires tous les jours. C’est typique d’un double profil TDAH/HPI. »
— Sarah El amri psychologue clinicienne, partenaire TDAH Focus

Ce que dit la recherche

Une étude menée par Brown et al. (2021) a montré que les enfants à haut QI avec TDAH présentent une plus grande souffrance psychologique, notamment en lien avec les exigences scolaires non adaptées. Le risque de phobie scolaire, de repli ou d’autodévalorisation est nettement accru.

De plus, Gereb et al. (2022) soulignent que ces profils développent très tôt un syndrome de l’imposteur cognitif : ils se sentent “intelligents mais incapables”, ce qui renforce l’anxiété et bloque le passage à l’action.

Le vrai problème : l’absence de structure externe

Le cerveau HPI-TDAH a besoin d’un environnement stimulant mais balisé, qui soutienne à la fois la curiosité intellectuelle et la fragilité exécutive. Ce type de structure n’existe ni à l’école, ni dans la plupart des foyers.

C’est précisément pour répondre à cette faille que TDAH Focus a mis au point un système hybride, basé sur :

  • des routines externalisées,
  • une planification visuelle,
  • une organisation pensée pour compenser l’impulsivité et la surcharge mentale.

Sans cadre structurant, ces profils surdoués avec TDAH finissent par s’épuiser et renoncer. Avec un accompagnement adapté, ils déploient une créativité et une puissance de réflexion remarquables.

Pourquoi l’impression d’être intelligent coexiste avec tant d’échecs ?

Il existe une dissonance profonde chez beaucoup de personnes TDAH : une intuition claire de leurs capacités intellectuelles rapidité de compréhension, finesse d’analyse, créativité et, en parallèle, un historique d’échecs répétés, scolaires ou professionnels. Ce paradoxe génère confusion, frustration, voire honte. On parle souvent de « potentiel non réalisé », mais il s’agit surtout d’un fonctionnement cognitif incompatible avec les exigences linéaires de la vie scolaire et professionnelle classique.

« J’ai toujours su que je comprenais vite, mais je n’ai jamais eu les résultats qui allaient avec. Je pensais que c’était moi le problème. »
— Témoignage anonyme, communauté TDAH Focus

Le décalage structurel, pas intellectuel

Ce sentiment d’inadéquation ne relève ni d’un manque de motivation, ni d’un défaut de capacité. Il reflète une absence de cadre adapté au cerveau TDAH. Là où certains réussissent grâce à leur rigueur, les profils TDAH, eux, réussissent lorsqu’ils disposent :

  • d’une organisation visuelle,
  • d’un système de rappels et d’extériorisation mentale,
  • de temps courts, rythmés, alternés avec des pauses stimulantes,
  • de feedbacks réguliers.

En l’absence de ces leviers, les échecs s’accumulent, non pas par manque d’intelligence, mais par épuisement cognitif, désengagement, ou blocages émotionnels liés à des expériences répétées d’échec non compris.

Pour plus d’informations avec des difficultés pédagogiques chez les enfants TDAH lisez notre article ici

Un phénomène bien documenté

Des travaux de Russell Barkley (2015) ont démontré que l’un des traits les plus handicapants du TDAH n’est pas l’inattention elle-même, mais la difficulté à auto-structurer une tâche dans le temps, même lorsqu’elle est comprise. La personne sait quoi faire, mais ne parvient pas à organiser le “comment”.

« Ce n’est pas l’intelligence qui pose problème. C’est la capacité à mobiliser cette intelligence dans un cadre contraint. »
— Russell Barkley

Ce constat est aujourd’hui central dans l’approche proposée par TDAH Focus : penser la réussite non pas comme une affaire de QI, mais comme le résultat d’un ajustement environnemental, cognitif et émotionnel précis.

Comment reconnaître un enfant à haut potentiel avec TDAH ?

Identifier un enfant à double profil à la fois surdoué et porteur d’un TDAH demande une observation fine. Ces enfants ne rentrent dans aucune case. Ils sont souvent qualifiés d’“intelligents mais perturbateurs”, ou “très vifs mais épuisants”. Leur comportement oscille entre brillance cognitive et désorganisation constante. Cette ambivalence désoriente aussi bien les parents que les enseignants.

Les tests standardisés ne suffisent pas toujours. Un QI élevé peut masquer des déficits d’attention, tout comme une forte impulsivité peut détourner l’attention des capacités intellectuelles. Le diagnostic repose donc sur une analyse multidimensionnelle, alliant observation, test, anamnèse scolaire et évaluation émotionnelle.

« Ce sont des enfants qui raisonnent comme des adultes, mais qui pleurent pour un crayon cassé. Ils fascinent autant qu’ils déroutent. »
— Nora Ouassini, pharmacienne et enseignante spécialisée dans la neurodivergenceTDAH Focus

Signes typiques d’un double profil

  • Développe très tôt des intérêts complexes (astronomie, mythologie, systèmes)
  • S’ennuie en classe et interrompt fréquemment les cours
  • Pose des questions pertinentes mais oublie systématiquement le matériel
  • Montre une grande maturité verbale et une immaturité dans les interactions sociales
  • Présente des crises émotionnelles intenses sans cause apparente
  • A une image de soi très ambivalente : lucidité et auto-dévalorisation

Lire notre article sur les 7 types de TDAH ici

Ce qu’indiquent les études

Une étude de Webb et al. (2016) a mis en évidence que les enfants à double exceptionnalité sont parmi les plus mal repérés et les plus exposés au décrochage scolaire. Faute d’un cadre adapté, leur profil devient pathologisé : l’enseignant voit le trouble, le parent voit l’intelligence, et l’enfant se perd entre les deux.

Pour ces profils, il ne s’agit pas simplement de “mieux travailler” ou de “mieux se tenir”. Il s’agit de penser un cadre pédagogique radicalement différent, qui accueille à la fois :

  • la vitesse de pensée,
  • la fatigue attentionnelle,
  • la surcharge sensorielle,
  • le besoin d’autonomie intellectuelle.

C’est à cette condition que ces enfants peuvent passer d’un fonctionnement chaotique à une trajectoire épanouie.

Comment savoir si on est TDAH ou HPI ?

Lorsqu’un enfant présente à la fois des signes de grande vivacité intellectuelle et des comportements inattentifs ou impulsifs, la question du test de QI se pose naturellement. Pourtant, de nombreux parents hésitent : est-ce vraiment utile ? Est-ce fiable en cas de TDAH ?

La réponse est oui mais à condition que le bilan soit réalisé par un professionnel formé à la neurodivergence. Un test de QI (WISC-V pour les enfants) isolé ne suffit pas à identifier un haut potentiel ni à poser un diagnostic de TDAH. Il doit être complété par des tests des fonctions exécutives, une analyse des écarts entre indices (verbal, visuo-spatial, mémoire de travail…), et une observation fine du comportement.

« Ce ne sont pas les scores bruts qui importent, mais le profil global. Un QI hétérogène est bien plus révélateur qu’un chiffre élevé. »
— TDAH Focus

Le piège du QI élevé

Dans de nombreux cas, un enfant ayant un haut QI ne sera jamais dépisté comme TDAH… simplement parce que ses résultats restent “suffisants” aux yeux de l’école. Pourtant, ces enfants compensent au prix d’un effort cognitif massif, souvent invisible, mais épuisant. On parle alors de TDAH masqué par le haut potentiel.

Les enseignants peuvent être trompés par la vitesse de compréhension ou la maturité du langage, et ne perçoivent pas les signes d’alerte (perte de matériel, agitation interne, fatigue chronique, effondrements émotionnels à la maison).

Des études comme celle de Grimm et al. (2020) confirment que les enfants à double profil passent souvent inaperçus dans les structures classiques, jusqu’à ce qu’un effondrement scolaire, anxieux ou comportemental survienne.

Quand faut-il faire tester son enfant ?

Le test est recommandé dans les situations suivantes :

  • L’enfant s’ennuie en classe mais accumule les remarques disciplinaires
  • Il a des réactions émotionnelles disproportionnées à l’échec ou à la critique
  • Il présente de fortes capacités verbales mais un comportement désorganisé
  • Il est perçu comme “trop intelligent pour échouer” mais ne progresse pas

L’objectif n’est pas de coller une étiquette, mais de comprendre comment il fonctionne réellement, afin de proposer des aménagements justes, cohérents et efficaces.

Pour aller plus loin

Le décalage entre potentiel intellectuel et échecs répétitifs n’est pas une fatalité. Lorsqu’un système adapté est mis en place, les trajectoires changent. C’est précisément pour répondre à ce besoin que TDAH Focus a conçu une méthode d’organisation pensée pour les cerveaux neurodivergents.

📘 Découvrez le guide complet : Méthode TDAH Focus Profil AdulteTDAH – Une méthode structurée, testée sur le terrain, pour transformer l’intelligence en réussite concrète.

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FAQ QI TDAH surdoué

Peut-on être à la fois surdoué et avoir un TDAH ?
 


Oui, il est tout à fait possible d’être à la fois à haut potentiel intellectuel (HPI) et atteint de TDAH. Cette combinaison, appelée “double exceptionnalité”, peut rendre le diagnostic plus complexe, car les signes de l’un peuvent masquer ceux de l’autre. Une évaluation approfondie par des professionnels expérimentés est essentielle pour une identification précise.

Comment distinguer le TDAH du haut potentiel intellectuel ?
 


Le TDAH se caractérise principalement par des difficultés d’attention, d’impulsivité et parfois d’hyperactivité. En revanche, le HPI se manifeste par une grande capacité d’apprentissage, une pensée rapide et une sensibilité accrue. Cependant, des traits comme l’ennui en classe ou la distraction peuvent être présents dans les deux cas. Une évaluation neuropsychologique complète est recommandée pour différencier ces profils.

Le TDAH est-il causé par une mauvaise éducation ?
 

Non, le TDAH n’est pas le résultat d’une mauvaise éducation. Il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental avec une forte composante génétique. Les environnements familiaux peuvent influencer l’expression des symptômes, mais ils ne sont pas la cause du trouble.

Le TDAH est-il une mode actuelle ?

Le TDAH n’est pas une tendance passagère. Il est reconnu depuis des décennies comme un trouble neurodéveloppemental. L’augmentation des diagnostics s’explique par une meilleure connaissance du trouble et une sensibilisation accrue, notamment chez les adultes et les filles, souvent sous-diagnostiqués auparavant.

Comment savoir si mon enfant est surdoué ou a un TDAH ?
 


Si votre enfant montre des signes d’inattention, d’impulsivité, mais aussi une grande curiosité ou une compréhension rapide, il pourrait présenter un profil HPI, TDAH ou les deux. Une évaluation par un professionnel spécialisé est essentielle pour déterminer ses besoins spécifiques et mettre en place un accompagnement adapté.

Article TDAH Focus

Avertissement Santé (ETA)

Rédigé par Nora Ouassini, Pharmacienne et enseignante spécialisée en pharmacologie, pharmacognosie, nutrithérapie et neurosciences.

Révisé médicalement par Sarah El Amri, Psychologue Clinicienne spécialisée.

⚠️ Informations à but éducatif uniquement. Ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours un médecin ou psychologue qualifié pour toute question de santé.

Date de mise à jour : 15 novembre 2025

Sources et références scientifiques

Études sur le QI et le TDAH

  • Karalunas SL, Hawkey E, Gustafsson H, et al. (2017). « Overlapping and distinct cognitive impairments in attention-deficit/hyperactivity disorder and reading disability ». Journal of Abnormal Child Psychology, 45(6), 1117-1129. doi:10.1007/s10802-016-0233-2
  • Jangmo A, Stålhandske A, Chang Z, et al. (2019). « Attention-deficit/hyperactivity disorder, school performance, and effect of medication ». Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 58(4), 423-432. doi:10.1016/j.jaac.2018.11.014
  • Antshel KM, Faraone SV, Maglione K, et al. (2022). « Executive functioning in high-IQ adults with ADHD ». Psychological Medicine, 52(11), 2126-2134. doi:10.1017/S0033291720003797
  • Kasper LJ, Alderson RM, Hudec KL. (2012). « Moderators of working memory deficits in children with attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD): A meta-analytic review ». Clinical Psychology Review, 32(7), 605-617. doi:10.1016/j.cpr.2012.07.001

TDAH et haut potentiel intellectuel (double exceptionnalité)

  • Antshel KM, Joseph GF. (2022). « Psychiatric comorbidity in children with ADHD and giftedness ». Journal of Attention Disorders, 26(8), 1102-1112. doi:10.1177/10870547211039411
  • Brown TE, Reichel PC, Quinlan DM. (2021). « Executive function impairments in high IQ children and adolescents with ADHD ». The ADHD Report, 29(6), 1-7. doi:10.1521/adhd.2021.29.6.1
  • Doobay AF, Foley-Nicpon M, Ali SR, Assouline SG. (2023). « Cognitive, academic, and psychosocial characteristics of gifted students with ADHD ». Gifted Child Quarterly, 67(2), 89-103. doi:10.1177/00169862221141562
  • Webb JT, Amend ER, Beljan P, et al. (2016). « Misdiagnosis and dual diagnoses of gifted children and adults: ADHD, bipolar, OCD, Asperger’s, depression, and other disorders ». Great Potential Press, 2nd edition.

Fonctions exécutives et TDAH

  • Barkley RA. (2015). « Attention-deficit hyperactivity disorder: A handbook for diagnosis and treatment » (4th ed.). Guilford Press.
  • Gereb D, Kovács I, Gál Z, Gecse K, Tóth ZE. (2022). « Twice-exceptional students: Identification and support in the classroom ». Frontiers in Psychology, 13, 783230. doi:10.3389/fpsyg.2022.783230
  • Grimm O, Kranz TM, Reif A. (2020). « Genetics of ADHD: What should the clinician know? ». Current Psychiatry Reports, 22(4), 18. doi:10.1007/s11920-020-1141-x

Recommandations professionnelles

France :

  • Haute Autorité de Santé – HAS (2022). « Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : repérage, diagnostic et accompagnement chez l’enfant et l’adolescent ». Recommandations de bonne pratique.
  • INSERM (2021). « Trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) ». Dossier d’information. Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale.

International :

  • Barkley RA. (2015). « Executive Functions: What they are, how they work, and why they evolved ». Guilford Press.

Études complémentaires

  • Mayes SD, Calhoun SL. (2007). « Learning, attention, writing, and processing speed in typical children and children with ADHD, autism, anxiety, depression, and oppositional-defiant disorder ». Child Neuropsychology, 13(6), 469-493. doi:10.1080/09297040601112773
  • Rommelse NN, Altink ME, Oosterlaan J, et al. (2008). « Support for an independent familial segregation of executive and intelligence endophenotypes in ADHD families ». Psychological Medicine, 38(11), 1595-1606. doi:10.1017/S0033291708002869

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