Syndrome des jambes sans repos et TDAH : le trouble du sommeil caché
Tu as cette sensation désagréable dans les jambes le soir, des fourmillements, des démangeaisons profondes, un besoin irrépressible de bouger.
Si tu as un TDAH, ce n’est pas une coïncidence. Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est 2 à 3 fois plus fréquent chez les personnes TDAH que dans la population générale. Jusqu’à 44 % des enfants et 30 % des adultes TDAH en souffrent.
Voici comment le reconnaître et le traiter pour enfin dormir.
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⚠️ Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Consulte un professionnel de santé pour tout diagnostic ou traitement.
Quel est le lien entre le syndrome des jambes sans repos et le TDAH ?
Le SJSR et le TDAH partagent une dysfonction dopaminergique commune, le déficit en dopamine dans le striatum explique à la fois l’agitation motrice du TDAH et les sensations désagréables du SJSR (Cortese et al., Sleep Medicine Reviews, 2005).

Ce n’est pas un hasard si ces deux troubles coexistent aussi souvent. Le système dopaminergique régule à la fois l’attention, le contrôle moteur et les sensations dans les membres. Quand ce système fonctionne mal ce qui est le cas dans le TDAH , les deux manifestations peuvent apparaître simultanément.
Un autre facteur commun est le fer. Le déficit en ferritine (réserves de fer) est retrouvé dans les deux conditions. Un taux de ferritine inférieur à 50 ng/mL aggrave les symptômes du SJSR et potentiellement ceux du TDAH. C’est la première chose à vérifier avec ton médecin si tu présentes les deux.
Au cours de ma carrière de pharmacienne, j’ai été au contact avec beaucoup de syndromes de jambes sans repos. Le constat est le suivant : beaucoup d’ignorance et de surmédicamentation pour un trouble dont l’origine est la prise en charge est multi-factorielle. Nora Ouassini Pharmacienne , Professeur de pharmacologie -Fondatrice de TDAH Focus
Comment reconnaître le syndrome des jambes sans repos chez un enfant TDAH ?
Chez l’enfant TDAH, le SJSR est sous-diagnostiqué car les symptômes sont confondus avec l’agitation motrice du TDAH, un enfant qui « ne tient pas en place au coucher » peut avoir un SJSR non identifié (Picchietti et al., Pediatrics, 2007).
L’enfant ne sait pas toujours décrire ce qu’il ressent. Il dit « j’ai mal aux jambes », « ça chatouille à l’intérieur », « mes jambes veulent bouger ». Les parents pensent à des douleurs de croissance ou à l’agitation classique du TDAH. Mais il y a des indices spécifiques.
Les 4 critères diagnostiques du SJSR : besoin irrépressible de bouger les jambes, associé à des sensations désagréables, qui s’aggravent au repos et le soir, et qui sont soulagées par le mouvement. Si ton enfant TDAH remplit ces 4 critères au coucher, c’est un SJSR — pas « juste » de l’agitation TDAH.
Les conséquences sur le sommeil sont majeures : endormissement retardé de 30 à 90 minutes, réveils nocturnes fréquents, et sommeil non réparateur qui aggrave les symptômes TDAH de jour. Si ton enfant TDAH ne dort pas, le SJSR est une piste à explorer sérieusement.
| Symptôme | Agitation TDAH classique | Syndrome des jambes sans repos |
|---|---|---|
| Moment | Toute la journée | Surtout le soir / au repos |
| Sensation | Besoin général de bouger | Fourmillements, démangeaisons dans les jambes |
| Soulagement par mouvement | Partiel | Immédiat mais temporaire |
| Position assise prolongée | Inconfort modéré | Quasi insupportable |
| Impact sommeil | Endormissement retardé | Endormissement + réveils nocturnes |
| Douleur décrite | Rare | Fréquente (« mal aux jambes ») |
Quels traitements fonctionnent pour le SJSR associé au TDAH ?
La supplémentation en fer (ferritine cible > 50-75 ng/mL) réduit les symptômes SJSR de 40 à 60 % chez les enfants et adultes TDAH, et améliore parfois aussi les symptômes TDAH (Allen et al., Sleep Medicine, 2013).

Première ligne — le fer : Fais doser ta ferritine (pas juste le fer sérique). Si elle est inférieure à 50 ng/mL, une supplémentation en fer bisglycinate (mieux toléré) peut transformer tes nuits en 4 à 8 semaines. C’est la stratégie la plus simple et la plus efficace. Le magnésium bisglycinate en complément aide aussi à réduire les crampes et l’agitation nocturne.
Deuxième ligne — ajustement du traitement TDAH : Certains antihistaminiques et antidépresseurs aggravent le SJSR. Si les symptômes ont commencé ou empiré avec un nouveau médicament, signale-le à ton médecin. Les psychostimulants (Ritaline) n’aggravent généralement pas le SJSR — ils peuvent même l’améliorer via l’action dopaminergique.
Troisième ligne — mesures non-médicamenteuses : Massage des jambes avant le coucher, bain tiède (pas chaud), étirements doux des mollets, et éviter l’alcool et la caféine après 14h. Un rituel de coucher structuré intégrant ces éléments aide à réduire l’impact du SJSR sur l’endormissement.
Le SJSR peut-il être confondu avec d’autres troubles du sommeil TDAH ?
Le SJSR est confondu avec les douleurs de croissance chez 70 % des enfants non diagnostiqués, et avec la simple insomnie TDAH chez l’adulte, seul un professionnel du sommeil peut différencier les causes avec une polysomnographie (Silvestri et al., Sleep Medicine, 2009).
Chez l’enfant, la confusion avec les « douleurs de croissance » est la plus fréquente. Différence clé : les douleurs de croissance ne sont PAS soulagées par le mouvement, alors que le SJSR l’est immédiatement (mais temporairement). Si bouger les jambes calme la douleur, c’est probablement un SJSR.
Chez l’adulte TDAH, le SJSR se confond avec l’insomnie classique ou le retard de phase circadien. Les trois peuvent coexister, ce qui complique le diagnostic. Le SJSR est aussi associé aux mouvements périodiques des membres pendant le sommeil (PLMS), qui fragmentent le sommeil sans que tu t’en rendes compte.
Signes d’alerte : le SJSR de ton enfant nécessite-t-il un bilan médical ?
Consulte si les symptômes surviennent plus de 3 soirs par semaine, perturbent l’endormissement de plus de 30 minutes, ou si une supplémentation en fer de 8 semaines n’a pas amélioré la situation (IRLSSG, International Restless Legs Syndrome Study Group, 2021).
Un médecin du sommeil peut réaliser une polysomnographie pour confirmer le diagnostic et détecter les mouvements périodiques des jambes. Ce bilan est remboursé par la Sécurité sociale en France quand il est prescrit par un spécialiste.
En attendant le rendez-vous, tiens un carnet pendant 2 semaines : note l’intensité des sensations dans les jambes (1-10), l’heure de début, ce qui soulage, et l’impact sur ton endormissement. Ce carnet est précieux pour le diagnostic. Pour une vision complète des troubles du sommeil TDAH, consulte notre guide complet TDAH et sommeil.
👉 Toutes les stratégies sommeil spécifiques à l’adulte TDAH : Sommeil et TDAH adulte : pourquoi tu dors mal et comment agir
Source : Cortese S. et al. (2005). Restless legs syndrome and ADHD. Sleep Medicine Reviews.
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Avertissement Santé (ETA)
Rédigé par Nora Ouassini, Pharmacienne et enseignante spécialisée en pharmacologie, pharmacognosie, nutrithérapie et neurosciences.
Révisé médicalement par Sarah El Amri, Psychologue Clinicienne spécialisée.
⚠️ Informations à but éducatif uniquement. Ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours un médecin ou psychologue qualifié pour toute question de santé.
Bibliographie et sources scientifiques
- Cortese S, Konofal E, et al. (2005). « Restless legs syndrome and ADHD in children ». Neurology, 64(6), 1071-1074. PubMed
- Silvestri R, et al. (2009). « Sleep disorders in children with ADHD: evidence for restless legs syndrome ». Sleep Med, 10(10), 1132-1138. PubMed
- Picchietti DL, et al. (2007). « Restless legs syndrome: prevalence and impact in children and adolescents ». Pediatrics, 120(2), 253-266. PubMed
Questions fréquentes
Le syndrome des jambes sans repos est-il héréditaire chez les personnes TDAH ?
Oui, le SJSR a une forte composante génétique — 60 à 70 % des personnes atteintes ont un parent au premier degré touché. Comme le TDAH est aussi héréditaire, les deux conditions se transmettent souvent ensemble dans les familles.
La Ritaline aggrave-t-elle le syndrome des jambes sans repos ?
Non, les psychostimulants n’aggravent généralement pas le SJSR. Ils peuvent même l’améliorer grâce à leur action sur la dopamine. En revanche, certains antidépresseurs (ISRS) et antihistaminiques courants aggravent nettement le SJSR.
Quel type de fer prendre pour le SJSR associé au TDAH ?
Le fer bisglycinate est le mieux toléré. Dose habituelle : 30 à 65 mg de fer élémentaire par jour, à prendre avec de la vitamine C. Objectif : ferritine supérieure à 50-75 ng/mL. Un bilan sanguin préalable est indispensable.
Mon enfant dit qu’il a mal aux jambes le soir, est-ce un SJSR ou des douleurs de croissance ?
Test simple : si bouger les jambes soulage immédiatement la douleur, c’est probablement un SJSR. Les douleurs de croissance ne sont pas soulagées par le mouvement. Le SJSR s’aggrave au repos et le soir.
Le SJSR peut-il expliquer à lui seul l’insomnie de mon enfant TDAH ?
Oui, c’est possible. Le SJSR retarde l’endormissement de 30 à 90 minutes et provoque des réveils nocturnes. Chez certains enfants TDAH, traiter le SJSR (supplémentation en fer) résout une grande partie des problèmes de sommeil.
