Et si le TDAH n’était pas seulement dans la tête ? Quand nutrition et neurothérapie s’unissent pour ouvrir une autre voie

Par Joël Lemaire – Directeur de l’Institut Neurosens, formateur en neurothérapie intégrative

institut neurosens et tdah focus

Le TDAH est souvent réduit à un trouble neurocognitif. Mais que se passe-t-il quand on élargit le regard ?

Quand on relie le cerveau au reste du corps, à la respiration, à l’alimentation, au sommeil, aux émotions ?

Une approche intégrative émerge alors, où les causes ne sont plus seulement cérébrales mais systémiques, enracinées dans le vivant. Et c’est là que la rencontre entre TDAH Focus et l’Institut Neurosens prend tout son sens.

Vous vous demandez ce qu’est la **pensée en arborescence** ? C’est un mode de pensée dans lequel une idée en déclenche plusieurs simultanément, comme les branches d’un arbre. Contrairement à la pensée linéaire, elle permet une créativité foisonnante, mais peut aussi engendrer une surcharge mentale si elle n’est pas maîtrisée. Pensée en arborescence : définition, fonctionnement

Un point commun : replacer l’humain au centre

À travers son approche nutritionnelle incarnée, Nora Ouassini et son équipe ont redonné une place essentielle au corps, à la biologie individuelle, à la finesse du vivant. Ce travail fait écho à celui que nous menons à l’Institut Neurosens autour de ce que nous appelons la neurothérapie intégrative, une discipline fondée sur l’écoute du corps et de ses signaux, au croisement des neurosciences, de la physiologie, de l’attention et de la posture.

Nous partageons une même intuition : l’enfant avec un TDAH n’a pas besoin qu’on le corrige, mais qu’on le comprenne dans sa globalité. Et cela commence par redonner toute leur place aux systèmes de régulation naturelle, qu’ils soient digestifs, respiratoires, musculaires, ou neurocognitifs.

Le STV, ce chef d’orchestre silencieux

Un concept clé dans notre approche est celui de Système Tonico-Ventilatoire (STV). Il s’agit d’un ensemble de mécanismes physiologiques qui régulent le tonus corporel, la posture, la respiration et leur impact sur le niveau d’éveil, la concentration et le sommeil.

Lorsqu’un enfant a une respiration buccale chronique, une hypotonie posturale, ou une instabilité tonique, son attention est déjà perturbée au niveau corporel, avant même qu’elle le soit sur le plan cognitif. En travaillant à restaurer cette base corporelle (via des outils comme la rééducation posturale, le biofeedback respiratoire, ou encore des dispositifs comme le Froggy Mouth ou la méthode Guillarme), nous facilitons l’autorégulation des fonctions supérieures.

Nutrition et STV : des approches en miroir

Ce que montre la nutrithérapie, c’est que l’équilibre attentionnel dépend aussi de facteurs biochimiques : équilibre glycémique, inflammation, carences, microbiote… Mais ces facteurs ne peuvent être pleinement régulés si le corps est en stress constant, mal oxygéné, mal reposé, ou hypervigilant.

C’est là que nos approches se croisent : vous agissez de l’intérieur, nous régulons les interfaces corps-cerveau. Ensemble, nous contribuons à créer un terrain favorable à une attention plus stable, un sommeil plus profond, une respiration plus fonctionnelle, et in fine, une vie plus apaisée.

Un sommet, un engagement commun

Nous sommes heureux que Nora Ouassini soit l’une des voix du Sommet francophone du TDAH – Les causes cachées, aux côtés de chercheurs, cliniciens, enseignants et thérapeutes engagés. Ce sommet est l’occasion de croiser les regards, d’ouvrir le champ des possibles, et de montrer qu’il est non seulement possible mais nécessaire de penser autrement le TDAH.

SOMMET TDAH

👉 En savoir plus sur le Sommet et découvrir l’approche de l’Institut Neurosens

Conclusion : vers une écologie de l’attention

En tissant des liens entre neurothérapie et nutrithérapie, nous œuvrons à une vision plus incarnée, plus fine, plus respectueuse de l’enfant et de son développement. Ce n’est qu’en sortant des silos disciplinaires que nous pourrons bâtir une nouvelle écologie de la santé, de l’éducation et du soin.

Merci à TDAH Focus pour cette rencontre d’univers qui, ensemble, ouvrent un espace d’espérance et d’action pour les familles et les professionnels.

Par Joël Lemaire – Directeur de l’Institut Neurosens, formateur en neurothérapie intégrative

lien du site : https://www.institut.neurosens.fr/

FAQ : Neurothérapie et TDAH

Qu’est-ce que la neurothérapie pour le TDAH ?

La neurothérapie pour le TDAH regroupe les approches non médicamenteuses agissant directement sur l’activité cérébrale : neurofeedback (entraînement des ondes cérébrales), biofeedback (régulation physiologique), stimulation magnétique transcrânienne (TMS) et EMDR. Ces thérapies visent à rééduquer les circuits attentionnels déficitaires et à améliorer l’autorégulation. Le neurofeedback est la plus étudiée dans le TDAH.

Le neurofeedback est-il efficace pour le TDAH ?

Le neurofeedback montre des résultats positifs dans plusieurs études pour réduire l’inattention et l’hyperactivité du TDAH. Cependant, son efficacité reste débattue : certaines méta-analyses le jugent ‘probablement efficace’, d’autres soulignent le manque d’études en double aveugle. Il représente une option complémentaire intéressante, particulièrement pour les patients ne souhaitant pas de médicaments ou n’y répondant pas suffisamment. Comptez 20 à 40 séances.

Combien coûte le neurofeedback pour le TDAH ?

Le neurofeedback pour le TDAH coûte entre 60 et 120 € par séance en France, avec un protocole standard de 20 à 40 séances. Le coût total varie de 1 200 à 4 800 €. Il n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie. Certaines mutuelles couvrent partiellement le neurofeedback. Des alternatives moins coûteuses existent, comme les applications de biofeedback à domicile.

Quelle est la différence entre neurofeedback et biofeedback pour le TDAH ?

Le neurofeedback mesure et entraîne directement l’activité électrique du cerveau (ondes thêta/bêta) via des électrodes sur le cuir chevelu. Le biofeedback mesure les réponses physiologiques périphériques (rythme cardiaque, respiration, tension musculaire) et apprend à les réguler. Pour le TDAH, le neurofeedback cible plus spécifiquement les déficits attentionnels, tandis que le biofeedback est particulièrement utile pour la gestion du stress et de l’anxiété associés.

Avertissement Santé (ETA)

Rédigé par Nora Ouassini, Pharmacienne et enseignante spécialisée en pharmacologie, pharmacognosie, nutrithérapie et neurosciences.

Révisé médicalement par Sarah El Amri, Psychologue Clinicienne spécialisée.

⚠️ Informations à but éducatif uniquement. Ne remplace pas un avis médical professionnel. Consultez toujours un médecin ou psychologue qualifié pour toute question de santé.